
Point d’arrêt est né il y a 6 ans.
Il est assez triste de constater que cet article est écrit
par défaut (absence de copains pour aller en bibli, voir une expo ou boire un
verre – ce qui est finalement assez rare). Il y a aussi le ‘je dois’ un peu castrateur qui s’immisce
dans l’impulsion nouvelle. Ou plutôt le ‘on
doit’. On s’est engagées à.
Loin de moi l’idée de fuir toute responsabilité et de noyer
les lettres de noblesses, si telles existent, de ce webzine (comme nos C.V. le
qualifie richement). Avec le temps, l’envie de créer quelque chose qui nous
serait propre, d’écouter et de photographier pour rapporter s’est perdue dans l’obsession
du ‘toujours plus, toujours mieux’.
Pourtant, et là se situe tout l’intérêt de la réflexion d’aujourd’hui,
nous ne cessons jamais de parler de ‘PDA’.
De s’envoyer des sms un peu euphoriques après deux-trois pintes, dans un
environnement musical appréciable. De projeter encore et encore des thèmes à
aborder parce qu’ils nous touchent et que partager cela tout en se permettant
de l’archiver dans un coin visitable de nos mémoires, c’est un peu rassurant.
Un facteur très classique, mais surtout très prégnant, de cette
inertie contre-productive, c’est les études. Je suis en cursus associé L3 Droit
– Parcours Ecole du Louvre et je garde des enfants une dizaine d’heures par
semaine. Nina suit une L3 Info – Com en préparant une entrée en grande école.
Malgré une volonté sincère de se consacrer à la mise en œuvre de nos
beaux-projets, certains jours (certes démultipliés depuis quelques temps) se
consacrent d’eux-mêmes à un dîner tranquille entre vieilles copines plutôt qu’à
une réunion au sommet. Il est bien nécessaire de régulièrement commenter les
déboires relationnels qui jonchent l’année des 20 ans.
Oui, car Point d’arrêt a 6 ans et nous avons toutes deux
atteint la dizaine supérieure. Une très
bonne amie et ma mère me répètent quasi-quotidiennement que ‘à 20 ans, on ne doute de rien et surtout pas
de soi’. Donc, après de longs mois de tergiversation, il est grand temps de
faire honneur à ce dicton relativement douteux et de prendre des actes en
conséquence : les nombreux articles (interviews et autres très en retard)
qui stagnent à l’état du presque publiables seront conclus d’ici peu et
de nouveaux thèmes vont enfin voir le jour.
La seule chose qui peut fondamentalement dénouer les
rinceaux léthargiques qui enserrent notre carnet de voyage, c’est de nous
réapproprier pleinement cet espace pour y déposer un contenu de manière plus
personnelle, sans se juger ni préjuger de ce qu’il faudrait. Et c’est ainsi que nous allons progressivement procéder.
Avec plus d’indulgence. Il est pour l’instant difficile de se satisfaire
entièrement de ce que nous produisons, mais dans un dernier regard vers ce que
nous avons déjà fait, il est facile de se contenter d’avoir fait ce qui a été
fait en ces temps-là. Par conséquent, c’est un pari pour plaire à nos carcasses
vieillies d’encore 6 ans qui se lance aujourd’hui.
Malou pour PDA.
Photomaton 21 mars 2014 : Parc au 114.