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    Eva E. Davier. (photographe)

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    (Interview sous forme banale afin de ne pas ôter aux propos d'Eva.. !)


    16 août 2009, la gare Lyon Part-Dieu. Une fois encore ce sont les volumineuses lunettes de soleil noires qui attire mon regard. Quoique… le joli chapeau de paille lui aussi mériterait une mention toute particulière. Soit ! C’est l’été, & une autre interview-canicule se profile à la terrasse la plus proche afin de désaltérer chacune. Aujourd’hui c’est diabolo-grenadine avec Eva E. Davier, photographe de son état. & incidemment nous en viendrons à parler de ce dernier, mais incidemment bien sûr.


    « Je viens d’une famille où il y a toujours eu énormément d’images ; mon père était prof de cinéma & ma mère actrice. C’était un truc qui traînait. Enfant j’ai d’ailleurs toujours vu plein d’images, & chez moi j’ai de nombreux albums remplis de photos … Mais je n’ai jamais pensé en faire mon métier avant finalement pas si longtemps que ça. Je trouvais toujours cela un peu prétentieux les gens qui disaient qu’ils faisaient ‘de la photographie !’».


    & pourtant, à la suite de longues discussions nocturnes, le rêve qui s’échappait dans un carnet quelques années auparavant comme un murmure inaudible s’enivre & devient audacieux : il prend corps & vie. « Il y a quoi… ? Deux ans de ça maintenant. »

    - Les débuts ? Ce que tu photographies… ?

    J’ai commencé par la photo de concerts parce que ça alliait un peu tous les milieux qui m’étaient familiers. J’ai fait beaucoup de piano (7 ans en conservatoire, 3 heures par jour !) & ça permet de rencontrer des gens facilement. Puis j’ai commencé à m’occuper un peu d’un groupe de rock, Kim Novak. Et une chose en entrainant une autre, j’ai pris plus de photos de musique & j’ai rencontré d’autres groupes…

    Par ailleurs, la photo est pour moi liée de manière intrinsèque au voyage. Je suis partie il y a deux ans au Japon & en Chine. (Là je suis justement en train de travailler sur ces photos pour un numéro de Plateform -magazine de photos en ligne). & puis il n’y a pas très longtemps, c’était la route 66 en 3 semaines. Le rêve !

    Après j’ai fait aussi pas mal de portraits de nanas, parce que ce sont mes copines, & au début tu fais avec ce que tu as : tu n’appelles pas les agences de mannequin ! & il se trouve que j’ai la grande chance d’avoir des amies photogéniques & avec lesquelles plus je travaille, plus notre relation de confiance modèle/photographe grandit. Du coup, maintenant, elles me disent ‘vas-y t’as carte blanche’.

    En résumé, les trois trucs que je fais, ce sont : des portraits de nanas, des souvenirs de voyages & des concerts.

    - Premier concert en tant que photographes ?

    Bonne question. Peut-être Kim Novak à la flèche d’or… mais honnêtement je ne saurais dire. Je me souviens de quelques concerts vraiment du tout début, notamment Lyon in rock au transbordeur il y a deux ans. Tout était un peu regroupé à ce moment-là.

    - Une série de photos qui t’a touchée dernièrement ?

    Yann Audic, dans Plateform. C’est un breton expatrié en Australie... ! Il a fait toute une série de photos-reportage sur la Russie qui s’appelle Davaï & qui, je crois, signifie ‘allez, c’est parti, vas y !’. & sa série est d’une telle intensitéune galerie de portraits qui m’a vraiment marquée. Elle est ressortie immédiatement de ce magazine numérique, qui est plutôt épais. Toute la qualité y est excellente techniquement… mais surtout il y a quelque chose qui passe, comme une tranche de vie. Notamment une photo d’un jeune officier de l’armée qui appelle à l’interrogation ‘quelle est sa vie ? quelle est son histoire ?’. La Russie ça m’a toujours intéressée & ces photos m’en ont montré un aspect très beau.

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    « Celle de Faik (Fake Oddity), en noir & blanc où il a le pied de micro & l’espèce d’auréole. C’est la première que j’ai vendu en tirage. La première où j’ai vraiment des retours encourageants. »

    -

    Un groupe que tu aimerais bien photographier ?

    VV, la chanteuse des Kills, & de the Dead Weather. Déjà parce que je trouve qu’il n’y a pas assez de nanas, de manière générale, mais aussi parce que sur scène, des photos que j’ai vues d’elle, elle a l’air de dégager vraiment un truc impressionnant. Dans le même genre que Beth Ditto (que j’ai vue à Musilac cet été), des nanas qui envoient, qui dégagent fort… c’est elle que j’aimerais avoir la prochaine fois. Autrement, ça me plairait bien de refaire Arcade Fire. Arcade Fire que j’ai déjà vu mais en tant que festivalière quand je ne faisais pas encore de photos & dont je suis tombée vraiment sous le charme. Ca a de la gueule sur scène, ils ont une vraie scénographie recherchée et cohérente.

    - Une photo qui t’a marquée étant enfant ? Comme souvent enfant on a plein d’images…

    C’est marrant mais moi, ce ne sont pas des photos que j’ai en tête, mais de la peinture, du cinéma. Petite mon père m’a traînée dans tous les musées de toutes les villes qu’on n’ait jamais visitées & je l’en remercie d’ailleurs énormément.

    Deux peintres m’ont vraiment marquée à vie : Hopper dont j’adore les ambiances… C’est un peintre américain, & sa toile la plus connue – Nighthawks – c’est un bar qui fait un angle, de nuit, dans les tons verts, rouges. Ca se retrouve dans les couleurs que j’utilise spontanément quand je fais mes compos. Le vert & le rouge. & Vermeer (La jeune fille à la perle, la Laitière), qui est un peintre de l’école flamande que j’ai vu quand j’étais à Amsterdam. Son utilisation de la lumière est sublime. & ce qui me reste je pense c’est surtout ça.

    Quelque part je pense que tu peux retrouver de mon travail dans ce genre d’influences, je dis bien ‘influences’, je ne dis pas ‘ça ressemble à…’, ça serait vraiment prétentieux ! Tout ce qui est Hopper dans les séries que j’avais faites sur le polar, un peu années 30, avec du vert, du rouge, des couleurs très sombres & de la lumière ultra-basse. & puis Vermeer c’est plus la dernière série que j’avais faite avec ma modèle Cyrielle, la blonde, avec des lumières qui viennent en biais, toutes naturelles & des tons très doux.

    - & le cinéma ?

    Depuis mon adolescence, je suis fan de Lynch. Ses films ne me laissent pas forcément un souvenir impérissable dans le détail mais il me reste les ambiances de couleurs, de lumières, de personnages féminins… J’aime les personnages féminins. Peut-être parce que j’ai plus de facilité à me projeter dedans. & Leaving Las Vegas de Mike Figgis qui n’a pas fait beaucoup de bruit quand il est sorti mais qui m’a vraiment mis une claque, aussi bien pour l’histoire que sur le plan de la photographie. Je cherchais ces couleurs & ces ambiances nocturnes qui m’ont beaucoup marquée quand j’étais là-bas… il n’y a pas bien longtemps, au printemps dernier !

    - Un futur lien avec le cinéma ?

    J’ai un pote qui est réalisateur & il va faire son premier long-métrage. C’est encore à l’état de projet mais je devrais m’occuper de la photo-plateau. & ça pour moi, c’est comme la photo-concert : c’est une alliance entre deux domaines que j’aime énormément. Ca sera la première fois & j’ai vraiment hâte d’aller faire ma souris sur les plateaux, de guetter les expressions, tapie dans l’ombre…

    Plus la photographie se mélange avec d’autres formes d’arts plus ça me plaît. Je trouve que ça ajoute encore de la profondeur, de nouvelles dimensions. D’ailleurs c’est aussi pour ça qu’avec Aurélia (www.lutecewoman.blogspot.com) on a fait la série « All-in : 2 minutes in Vegas », avec des photos et des textes.

    - Tu « pré-imagines » tes photos ?

    Il m’arrive d’avoir dans ma tête des images de photos que je voudrais faire et ça m’empêche de dormir le soir. Je fais des croquis mais comme je ne sais pas dessiner c’est une catastrophe. Je fais donc des dessins lamentables & je suis obligée de mettre une tartine d’explications écrites à côté pour expliquer : ici c’est cette couleur là, c’est cadré comme ça… & je rêve de photos aussi, je rêve que j’ai pris telle photo puis quand je me réveille je me dis putain c’est con que je ne l’ai pas prise en vrai elle était trop bien !

    - & une série en tête ?

    J’aimerais réaliser une série cet hiver, dans la forêt avec de la neige… une ambiance un peu tirée du petit chaperon rouge. Ca traîne dans mon imaginaire tout ce qui est contes des frères Grimm. Dans les versions que j’avais quand j’étais gamine, les illustrations n’étaient pas forcément celles typiques de bouquins d’enfants. Celles que j’avais étaient assez réalistes. C’est triste & sombre les contes de Grimm. Je ne sais pas encore très bien ni où ni comment mais je ferai un truc dans ce goût là, j’essaierai de les revisiter en quelque sorte. A un moment ça viendra, ça sera une évidence… Peut-être quand je trouverai la personne & que je me dirai « c’est elle ! ».

    Par contre, ce qui est vrai c’est qu’à priori je ne fais pas de photos avec des garçons. De mes créations, de mon imaginaire… dans mon univers ce sont des histoires où les filles sont les héroïnes. Toujours.

    Ou alors les seuls mecs que j’aimerais prendre en photos sont ceux avec des gueules qui vraiment sortent de l’ordinaire... Pas des mecs que je trouverais beaux dans la rue, les beautés trop lisses ça ne m’inspire rien du tout. Il y a des photos que je trouve très belles, très bien composées, avec une lumière impeccable... mais c’est trop parfait. J’aime bien les failles, j’aime bien les cicatrices, j’aime bien les trucs imparfaits, j’aime bien les photos avec un peu de flou, celles qui ont du grain… les trucs trop parfaits, ça m’emmerde. Je trouve ça joli, je peux vraiment reconnaître les qualités techniques, mais ce n’est vraiment pas le premier critère pour moi qui me fera aimer un cliché. Il en va de même pour la photo de live… parfaite techniquement, ca peut rendre bien, mais il ne faut surtout pas que ce soit au détriment de l’intensité du moment, de l’émotion qui se dégage de la personne photographiée.

    - Photographes que tu apprécies ?

    Il y a les photographes que je côtoie dans mon cercle personnel & les grandes pointures… dont je ne parlerai pas, ils n’ont pas besoin qu’on parle encore une fois d’eux. Je préfère plutôt parler des « petits », de ceux qui ne sont pas encore connus, mais qui sont doués et en quels je crois. Dans mon entourage proche : Loll Willems & Nicolas Brunet. Pour mon anniversaire j’ai d’ailleurs eu deux photos de New York, une de chacun. (On ne peut pas être photographe & ne pas aimer New York!). & puis Sarah Bastin. Elle a une poésie dans ses photos, un style a part… J’adore ce qu’elle fait, vraiment, elle est super douée. Ses photos de live pour moi c’est presque de la photo d’art. Parfois il y a du flou, il y a aussi beaucoup de contre-jours… moi je trouve ça plus poétique que « live report ». C’est pour ça que j’adore ce qu’elle fait. Parce qu’elle arrive à garder un truc cohérent entre son travail personnel & ses photos de live… et que les deux sont beaux à mes yeux.


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    Olivia Ruiz à Musilac cette année.

    « Autant elle, elle joue beaucoup sur scène, c’est une chanteuse, sûrement comédienne aussi, autant là, c’est une photo chopée à un instant où… Peut-être qu’elle le joue aussi, ça, mais elle a le regard un peu dans le vide, un peu perdu pendant un quart de seconde & pour l’instant à mon avis c’est la meilleure photo de live que j’ai faite cette année. »

    -
    & enfin, qu’est-ce que la photographie pour toi ?

    La photographie pour moi c’est avant tout raconter des histoires. C’est pour cela qu’il y a toute une catégorie de photos qui ne me fait ni chaud ni froid… alors que d’autres, qui pourraient être faites avec un compact jetable, me touchent. Parce qu’il se passe sur ces photos quelque chose qui fait que tu devines « l’avant », tu imagines « l’après », tu rêves le « pendant ». Ca te renvoie à ton propre monde intérieur, tes propres histoires, réelles ou fantasmées, à ce que tu as déjà lu, vu, entendu, rêvéPour que je l’aime, une photo doit avant tout m’émouvoir et stimuler mon imagination.


    & avant de s'en aller, elle me montrera un pola d'elle, petite fille, devant un piano.. cela précieusement glissé dans son porte-feuille. Comme quoi.



    Tam (Fake Oddity) & Room 42 by Eva E. Davier.



    Concept : La photographie pour Eva E. Davier, c'est raconter des histoires. & ici, Mathieu (bassiste de Fake Oddity) nous délivre la sienne. Celle qu'il voit à travers les photos de Eva.
    Texte qui peut paraître incompréhensible au premier abord mais rythmé & aux jolies sonorités. Enfin, nous ne nous étendrons point plus, à chacun de se forger sa propre opinion. Merci tout de même à Cyril (Bates Motel), Thibault (Transgunner), AudreyChoue (Tonight the band is), Ophélie (les peanuts) pour leurs avis. & bien sûr à Mathieu de s'être proposé, & d'être aussi gentil tout simplement.

    Photos : © Eva E. Davier.
    Texte : © Mathieu Destailleur.

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    Première vue, des mois au coin d’une certaine minute sous nuit. Une porte au quatre coin. Des moulures au plâtre peint. Poignet d’or, carte magnétique. Judas observe. Grince des pieds qui se posent. Un cyclope pourrait bien exister. Pour seul corps un œil. Vert bleu fait de ciment. Code password B-side.
    Lèvres amèrement pâles se proposent sur le bois. La Chaleur d’en face, de derrière s’exporte. Une charmante passe au bonjour souriant frustré. La réponse à la politesse peut parfois être une faute. Oserait-elle insister. A la dent parfaitement morte, catacombe jaunâtre, elle se vide de tout air. Une flétrissure de plante herbacée, tubéreuse à feuilles caduques, plus communément appelée patate par les québécois. Elle se tourne et refrappe. Personne ne l’attend. Le judas perd patience, le cyclope est absent. Mariage d’amour prend son temps et s’embrasse. Pied griffonne le sol. Main caresse l’acide linoléique, l’alcool lourd, la glycérine.
    Longtemps que je me pose cette question. Que se passe t il ? Chambre 42. Room fourtee two. Room Fourteen two. Ma première vision restait émerveillée. Accroché par la simple couleur, figé, vapeur d’éthylène d’une sans doute fin de soirée. Début de matin aux lèvres tout aussi rouge. Moins détaillée, plus chiffonnée. Pour une fois une rentrée en teinte de frustration. Où pouvait bien se trouver le trou. L’observatoire malsain, discret et voyeur de ma curiosité profonde. Seul, derrière cette porte. Tourner la tête. Convulser le corps avec l’espoir que ce trou se déforme et épouse mes envies.
    Room 42. Pourquoi te maquilles-tu ? Pourquoi te déguises-tu ? La vieille est implacable. Soutient. Gratifiante peau morte et tombante par loi du tout par terre n’insiste pas. Comme tout, ses dents se sont cachées. La lumière est tombée. Minuterie morte à l’aube d’un grand jour, menacée d’extinction par manque de poussoir. Un bouton rond orangé furoncle du couloir attend ton envie.
    Tu attends ? Tu désires plus particulièrement quelque chose ? Tu te prépares à jouer ? A recroqueviller ta vie. S’enfermer, fuir, refleurir. La scène s’ouvre sous tes jambes lactées. Décompresse chaque centimètre de ta poitrine confinée entre oxygène, eau, couloir et cette obscurité soulignée d’un trait. Judas ouvre son corps. Un doigt s’effile et te laisse entrer. Tu pousses ta séparation ton corps chahuté. Le liquide se cascade dans chaque centimètre de mon œsophage. Salive rougeoyante. Descends et fais moi jouir, d’un plaisir immobile. Je suis assis, pas trop de mouvement.
    Chaque tapotement pour écrire ressemble au léger orgasme souffreteux. Celui qu’on ne sait pas. Inimaginable pour une grande partie. Une impression de mort fatigué. De bout atteint comme si on était le premier sur la ligne d’arrivée, de la fin en soit. Coule petite rouge et donne-nous le peu d’information que tu comprends.
    Un accueil sans « bonjour, comment allez vous ? Merci je vais bien. Ma vie est une chiotte lavée chaque jour au karaoké mais je ne m’étendrai pas dessus, d’ailleurs je n’en soufflerai même pas une consigne ». Solitude d’une pièce à dormir. Aucun surplus de ménage ou d’extension de vie. La ménagerie est hérétique, une possibilité de café un matin d’octobre est impossible. Tu n’es là que pour une unique chose. Et ce trou ne me permet pas de te l’expliquer.
    Vos lèvres se distinguent par leurs immobilités. Le seul soupçon que l’air est vivant parait insupportable. Rien ne distingue une respiration, les corsages immobiles s’affrontent, l’œil n’est plus qu’un rêve. Un frottement à plusieurs mètres. Tu ne vois qu’un dos. Un mouvement las et répétitif de fumée montante. Le silence est votre loi. Je suffoque et crains. A quoi jouez vous ? Chagrin des minutes molles, les secondes s’affaissent et tu te prépares. Sans un mot. Sans un souffle. Sans même une idée qui transperce. De ces lèvres mortes un éclaboussement vif survient. Une opération de chaque membre, long, épais, élancé ou bondissant. Et tu te vois, te reflètes, quelle pensée comme transcode ? Dis-moi ! Souffle-moi !
    La vieille est chez elle. Personne ne l’aura salué. Elle désespère d’une nouvelle vie. Armchair sous le coude. Image infusée par intraveineuse, elle n’a même pas la télé. Une radio zozote entre les murs. Elle n’entend même plus lorsque l’homme tape à sa porte. Peut-être était-ce le meilleur lieu pour percer.
    A regarder ces photos, je me dis que le plus important n’est ni l’avant ni l’après. A en croire ce que je sais, c’est toujours raté, comme la plupart des choses que l’on fait. Mais alors que regarder, qu’est ce que les gens préfèrent montrer voir percer sucer comploter ou transpirer ? Moi, je dirais ce qui se passe entre, ce pourquoi on y arrive, ce pourquoi on commence, ce pourquoi on s’en fout ou qu’on préfère chaque détail pour parfaire une fin, un début, qui nous convient mieux, qui nous rapproche des théories sur les maçons de l’étoile noire, de la signification de Like a Virgin ou des paquets de chips coincées dans les bourlets des pachydermes naissants.
    Elle te suppure des draps rouges, un satin soyeux ou l’on peut facilement se consoler, s’aimer, se frotter, mourir et prendre chaque plan d’Ellroy. Tu t’allumes une cigarette, elle s’allume une clope, je m’allume ce que je peux. Tout trois vivons un moment inutile, celui qu’on passe parce que l’on ne sait pas quoi faire, parce que l’on s’ennuie, parce qu’on a peur, un peu. Tes lèvres vives allongent des cercles. J’ai beau observer leur mouvement charnu, leur éclipse charnelle, je ne repousse qu’une décharge de cendres en chute, ton adresse passe mon temps. Paquet vide. La peau laineuse se dérobe aux yeux qui piquent. Accroche. Agrafe. Transparence. Tu allaites un corps au coin désormais universel. Visible par un œil plus voyeur qu’unique.
    Le jeu peut débuter. Retrouvailles. Elle te transperce de bas en haut, t’agenouille. T’enlève ce seul point de repère qu’est le plancher. Tu ne peux plus t’accrocher. Te poser sur cette loi que tout reste au sol. Tes pieds volent en éclat, mis à bas par une seule intuition. Tu es belle, enviable tu te sens quelqu’un sous ce regard avide, désireux et obscène. Elle te couche. Te soulève. Te retourne et t’observe en te dévorant. Tu te sens belle désirable et obscène. La chambre 42 t’a épousée. Couchette au gant noir elle te susurre de transpirer ta fuite. Tes besoin de femme, d’amante, de mère, d’enfant, ceci n’est qu’un jeu mais ici tu es l’existence même, celle des tiens, de chaque orteil que tu ressens comme un avant gout. Chaque regard se détourne de toi pour ne plus observer qu’une beauté magnétique, fleurissante et vivante. Elle, allume une clope pour faire passer, Moi, continue à boire une bouteille inanimée, tous deux pensons à notre mise en scène, à ne plus voir mais aimer, infiltrer chaque partie de ta liberté naissante. Tu es belle, désirable, enviable. Quelqu’un.
    La vieille me vire de chez elle. Je crois que ma discrétion VS sa surdité a perdu. Sentiment affreux de défaite. A coup de canne et de caniche je me retrouve dehors plein d’ecchymoses et de frustration. Le trou n’a pas bougé, il est toujours là et je repense chaque jour au moment, lieu ou je pourrais le rouvrir. Je n’ai vu qu’une seule chose en partant. Ma condition obscène m’avait aveuglé, perverti comme un enfant. Visibilité si subtile, si charnelle, l’histoire n’était qu’implantée dans mes yeux, dans une volonté de parfaire un interdit ou parfois un désir qui nous soutient la vérité !!!!. Ma dernière vision fut tout autre, sortie du rêve de la room 42 et implanté dans chaque membre de cette chambre. Tout cela n’était rien. Rien qu’une photo.
    Tu étais belle, soyeuse, désirable, obscène et femme. Mais tu posais, rendais le mensonge vraisemblable, merveilleux et dans mes rêves, j’y penserais peut être entre deux noirs.
    Chaque judas sur chaque mur pour reluquer chaque vie, chaque trou dans chaque mur, chaque vie dans chaque œil, un seul pour te voir. Commençons !!!!!!!!!!