
(Interview des Yeasty Kids au zoo, le 27 octobre 2009 aux alentours de midi.
http://myspace.com/Yeastykids)






























(Interview sous forme banale afin de ne pas ôter aux propos d'Eva.. !)
16 août 2009, la gare Lyon Part-Dieu. Une fois encore ce sont les volumineuses lunettes de soleil noires qui attire mon regard. Quoique… le joli chapeau de paille lui aussi mériterait une mention toute particulière. Soit ! C’est l’été, & une autre interview-canicule se profile à la terrasse la plus proche afin de désaltérer chacune. Aujourd’hui c’est diabolo-grenadine avec Eva E. Davier, photographe de son état. & incidemment nous en viendrons à parler de ce dernier, mais incidemment bien sûr.
« Je viens d’une famille où il y a toujours eu énormément d’images ; mon père était prof de cinéma & ma mère actrice. C’était un truc qui traînait. Enfant j’ai d’ailleurs toujours vu plein d’images, & chez moi j’ai de nombreux albums remplis de photos … Mais je n’ai jamais pensé en faire mon métier avant finalement pas si longtemps que ça. Je trouvais toujours cela un peu prétentieux les gens qui disaient qu’ils faisaient ‘de la photographie !’».
& pourtant, à la suite de longues discussions nocturnes, le rêve qui s’échappait dans un carnet quelques années auparavant comme un murmure inaudible s’enivre & devient audacieux : il prend corps & vie. « Il y a quoi… ? Deux ans de ça maintenant. »
- Les débuts ? Ce que tu photographies… ?
J’ai commencé par la photo de concerts parce que ça alliait un peu tous les milieux qui m’étaient familiers. J’ai fait beaucoup de piano (7 ans en conservatoire, 3 heures par jour !) & ça permet de rencontrer des gens facilement. Puis j’ai commencé à m’occuper un peu d’un groupe de rock, Kim Novak. Et une chose en entrainant une autre, j’ai pris plus de photos de musique & j’ai rencontré d’autres groupes…
Par ailleurs, la photo est pour moi liée de manière intrinsèque au voyage. Je suis partie il y a deux ans au Japon & en Chine. (Là je suis justement en train de travailler sur ces photos pour un numéro de Plateform -magazine de photos en ligne). & puis il n’y a pas très longtemps, c’était la route 66 en 3 semaines. Le rêve !
Après j’ai fait aussi pas mal de portraits de nanas, parce que ce sont mes copines, & au début tu fais avec ce que tu as : tu n’appelles pas les agences de mannequin ! & il se trouve que j’ai la grande chance d’avoir des amies photogéniques & avec lesquelles plus je travaille, plus notre relation de confiance modèle/photographe grandit. Du coup, maintenant, elles me disent ‘vas-y t’as carte blanche’.
En résumé, les trois trucs que je fais, ce sont : des portraits de nanas, des souvenirs de voyages & des concerts.
- Premier concert en tant que photographes ?
Bonne question. Peut-être Kim Novak à la flèche d’or… mais honnêtement je ne saurais dire. Je me souviens de quelques concerts vraiment du tout début, notamment Lyon in rock au transbordeur il y a deux ans. Tout était un peu regroupé à ce moment-là.
- Une série de photos qui t’a touchée dernièrement ?
Yann Audic, dans Plateform. C’est un breton expatrié en Australie... ! Il a fait toute une série de photos-reportage sur
« Celle de Faik (Fake Oddity), en noir & blanc où il a le pied de micro & l’espèce d’auréole. C’est la première que j’ai vendu en tirage. La première où j’ai vraiment des retours encourageants. »
-
Un groupe que tu aimerais bien photographier ?
VV, la chanteuse des Kills, & de the Dead Weather. Déjà parce que je trouve qu’il n’y a pas assez de nanas, de manière générale, mais aussi parce que sur scène, des photos que j’ai vues d’elle, elle a l’air de dégager vraiment un truc impressionnant. Dans le même genre que Beth Ditto (que j’ai vue à Musilac cet été), des nanas qui envoient, qui dégagent fort… c’est elle que j’aimerais avoir la prochaine fois. Autrement, ça me plairait bien de refaire Arcade Fire. Arcade Fire que j’ai déjà vu mais en tant que festivalière quand je ne faisais pas encore de photos & dont je suis tombée vraiment sous le charme. Ca a de la gueule sur scène, ils ont une vraie scénographie recherchée et cohérente.
- Une photo qui t’a marquée étant enfant ? Comme souvent enfant on a plein d’images…
C’est marrant mais moi, ce ne sont pas des photos que j’ai en tête, mais de la peinture, du cinéma. Petite mon père m’a traînée dans tous les musées de toutes les villes qu’on n’ait jamais visitées & je l’en remercie d’ailleurs énormément.
Deux peintres m’ont vraiment marquée à vie : Hopper dont j’adore les ambiances… C’est un peintre américain, & sa toile la plus connue – Nighthawks – c’est un bar qui fait un angle, de nuit, dans les tons verts, rouges. Ca se retrouve dans les couleurs que j’utilise spontanément quand je fais mes compos. Le vert & le rouge. & Vermeer (La jeune fille à la perle,
Quelque part je pense que tu peux retrouver de mon travail dans ce genre d’influences, je dis bien ‘influences’, je ne dis pas ‘ça ressemble à…’, ça serait vraiment prétentieux ! Tout ce qui est Hopper dans les séries que j’avais faites sur le polar, un peu années 30, avec du vert, du rouge, des couleurs très sombres & de la lumière ultra-basse. & puis Vermeer c’est plus la dernière série que j’avais faite avec ma modèle Cyrielle, la blonde, avec des lumières qui viennent en biais, toutes naturelles & des tons très doux.
- & le cinéma ?
Depuis mon adolescence, je suis fan de Lynch. Ses films ne me laissent pas forcément un souvenir impérissable dans le détail mais il me reste les ambiances de couleurs, de lumières, de personnages féminins… J’aime les personnages féminins. Peut-être parce que j’ai plus de facilité à me projeter dedans. & Leaving Las Vegas de Mike Figgis qui n’a pas fait beaucoup de bruit quand il est sorti mais qui m’a vraiment mis une claque, aussi bien pour l’histoire que sur le plan de la photographie. Je cherchais ces couleurs & ces ambiances nocturnes qui m’ont beaucoup marquée quand j’étais là-bas… il n’y a pas bien longtemps, au printemps dernier !
- Un futur lien avec le cinéma ?
J’ai un pote qui est réalisateur & il va faire son premier long-métrage. C’est encore à l’état de projet mais je devrais m’occuper de la photo-plateau. & ça pour moi, c’est comme la photo-concert : c’est une alliance entre deux domaines que j’aime énormément. Ca sera la première fois & j’ai vraiment hâte d’aller faire ma souris sur les plateaux, de guetter les expressions, tapie dans l’ombre…
Plus la photographie se mélange avec d’autres formes d’arts plus ça me plaît. Je trouve que ça ajoute encore de la profondeur, de nouvelles dimensions. D’ailleurs c’est aussi pour ça qu’avec Aurélia (www.lutecewoman.blogspot.com) on a fait la série « All-in : 2 minutes in Vegas », avec des photos et des textes.
- Tu « pré-imagines » tes photos ?
Il m’arrive d’avoir dans ma tête des images de photos que je voudrais faire et ça m’empêche de dormir le soir. Je fais des croquis mais comme je ne sais pas dessiner c’est une catastrophe. Je fais donc des dessins lamentables & je suis obligée de mettre une tartine d’explications écrites à côté pour expliquer : ici c’est cette couleur là, là c’est cadré comme ça… & je rêve de photos aussi, je rêve que j’ai pris telle photo puis quand je me réveille je me dis putain c’est con que je ne l’ai pas prise en vrai elle était trop bien !
- & une série en tête ?
J’aimerais réaliser une série cet hiver, dans la forêt avec de la neige… une ambiance un peu tirée du petit chaperon rouge. Ca traîne dans mon imaginaire tout ce qui est contes des frères Grimm. Dans les versions que j’avais quand j’étais gamine, les illustrations n’étaient pas forcément celles typiques de bouquins d’enfants. Celles que j’avais étaient assez réalistes. C’est triste & sombre les contes de Grimm. Je ne sais pas encore très bien ni où ni comment mais je ferai un truc dans ce goût là, j’essaierai de les revisiter en quelque sorte. A un moment ça viendra, ça sera une évidence… Peut-être quand je trouverai la personne & que je me dirai « c’est elle ! ».
Par contre, ce qui est vrai c’est qu’à priori je ne fais pas de photos avec des garçons. De mes créations, de mon imaginaire… dans mon univers ce sont des histoires où les filles sont les héroïnes. Toujours.
Ou alors les seuls mecs que j’aimerais prendre en photos sont ceux avec des gueules qui vraiment sortent de l’ordinaire... Pas des mecs que je trouverais beaux dans la rue, les beautés trop lisses ça ne m’inspire rien du tout. Il y a des photos que je trouve très belles, très bien composées, avec une lumière impeccable... mais c’est trop parfait. J’aime bien les failles, j’aime bien les cicatrices, j’aime bien les trucs imparfaits, j’aime bien les photos avec un peu de flou, celles qui ont du grain… les trucs trop parfaits, ça m’emmerde. Je trouve ça joli, je peux vraiment reconnaître les qualités techniques, mais ce n’est vraiment pas le premier critère pour moi qui me fera aimer un cliché. Il en va de même pour la photo de live… parfaite techniquement, ca peut rendre bien, mais il ne faut surtout pas que ce soit au détriment de l’intensité du moment, de l’émotion qui se dégage de la personne photographiée.
- Photographes que tu apprécies ?
Il y a les photographes que je côtoie dans mon cercle personnel & les grandes pointures… dont je ne parlerai pas, ils n’ont pas besoin qu’on parle encore une fois d’eux. Je préfère plutôt parler des « petits », de ceux qui ne sont pas encore connus, mais qui sont doués et en quels je crois. Dans mon entourage proche : Loll Willems & Nicolas Brunet. Pour mon anniversaire j’ai d’ailleurs eu deux photos de New York, une de chacun. (On ne peut pas être photographe & ne pas aimer New York!). & puis Sarah Bastin. Elle a une poésie dans ses photos, un style a part… J’adore ce qu’elle fait, vraiment, elle est super douée. Ses photos de live pour moi c’est presque de la photo d’art. Parfois il y a du flou, il y a aussi beaucoup de contre-jours… moi je trouve ça plus poétique que « live report ». C’est pour ça que j’adore ce qu’elle fait. Parce qu’elle arrive à garder un truc cohérent entre son travail personnel & ses photos de live… et que les deux sont beaux à mes yeux.

Olivia Ruiz à Musilac cette année.
-
& enfin, qu’est-ce que la photographie pour toi ?
La photographie pour moi c’est avant tout raconter des histoires. C’est pour cela qu’il y a toute une catégorie de photos qui ne me fait ni chaud ni froid… alors que d’autres, qui pourraient être faites avec un compact jetable, me touchent. Parce qu’il se passe sur ces photos quelque chose qui fait que tu devines « l’avant », tu imagines « l’après », tu rêves le « pendant ». Ca te renvoie à ton propre monde intérieur, tes propres histoires, réelles ou fantasmées, à ce que tu as déjà lu, vu, entendu, rêvé… Pour que je l’aime, une photo doit avant tout m’émouvoir et stimuler mon imagination.
& avant de s'en aller, elle me montrera un pola d'elle, petite fille, devant un piano.. cela précieusement glissé dans son porte-feuille. Comme quoi.
Dissimulé derrière d’opaques lunettes de soleil noires, c’est un terrible mélange qui accueille nos pas trébuchants. Entre l’irrémédiable prestance de l’homme reconnu & la douceur attirante de l’artiste, dans les reflets dorés que renvoie sa chevelure au soleil peut-être s’entrelacent les deux aspects dansants qui s’étalent en premier lieu sous nos yeux. Il n’est pas comme ceux-là qui vous regardent de haut & semblent déjà s’ennuyer de l’attention qu’on leur porte. Lui tend plutôt à paraître inconscient de l’importance que peut revêtir sa voix dans de nombreuses têtes criants à l’unissons l’une de leurs chansons. Ou peut-être qu’il y croit simplement. You’re the first one rock band that Nina listened. Cela semble le toucher, & le rendre tellement plus humain que ces stéréotypes aux cheveux dans le vent.CHEERS-CLIND’ŒIL-SMILEY
Il est temps (grand temps) de dresser les bilans de cette saison, très sérieusement.
En effet, cet été nous « disparaissons » plus ou moins de la surface de la terre pour aller s’enfoncer dans des contrées lointaines, champ de verdure & doux filet d’eau dans la Lozère ou discuter avec les bourgeons & les ails. Fort sympathique, n’est-il point ? Cependant, nous resurgirons parfois pour quelques concerts, notamment aux arènes de Nîmes pour assister au concert de Franz Ferdinand, the Ting Tings, the Virgins & the Dodoz. Une surprise (facilement devinable) vous attendra à ce propos à la rentrée. & nous profiterons de nos temps libres pour compléter ce blog/site de tous ses vides (passage de l’interview « normale » à l’interview-carnet, quelques vidéos, …). Peut-être à noter (ou pas) également quelques autres surprises à la rentrée… On croise les doigts pour.
Par ailleurs, hum hum… nous sommes très émues, voici venu le temps des mercis ;
Tout d’abord à Pierre Dron (manageur de music is not fun - entre autres) pour tous ses conseils & son aide, ainsi qu’à l’équipe du mistral palace (Morty, Pierre, Simo…) pour leur gentilesse, & nous espèrons bien réitérer l'année prochaine les samedis soirs interviews-concerts!
Ensuite aux personnes qui suivent nos différents travaux, & en particulier à Laura (desconcertsetdespoussieres.blogspot.com), Audrey (allez d’ailleurs jeter un œil à son projet Tonight the band is !), Marghost, Claire, depuis le début. & aux autres personnes qu’on a pu rencontrer sur Lyon. (& aussi pensées pour Claire photography -bonnie?-, Indie Warhol, Eva E. Davier & Jérémy Pontal).
& évidemment à tous les groupes qui ont accepté de se prêter au jeu. Un dernier mot avant ces deux mois, les trophées Cheers-Clind’œil-Smiley.
1er CCS décerné à Fake Oddity, le groupe le plus drôle & le plus gentil qu’on ait croisé & recroisé avec plaisir. (& qu’on croisera & recroisera encore & encore, nous l’espèrons).
2ème CCS décerné à Stuck in the sound, particulièrement à Manu & François, mais aussi à José (brève mais très chouette apparition) & à Arno (car sans son évocation dans une interview ultérieure..), le groupe le plus accro à la caféine (aha) qui nous délivra un fort merveilleux concert, plein de sueur & d’agitations.
3ème CCS décerné à Appletop, le groupe le plus généreux & l’un des plus gentils, qu’on espère revoir au plus vite. Pin’s sur nos sacs.
4ème CCS décerné à Transgunner, sans aucune autre raison que le grand sourire qu’on arbore depuis plus d’un an et demi maintenant à l’idée d’aller les voir jouer. & parce qu’ils sont très gentils aussi, malgré le sombre regard du bassiste-chanteur qui nous le fit éviter un temps certain.
5ème CCS décerné à Neïmo, le groupe au chanteur le plus volubile (dieu merci !) & qui nous proposa du taboulé ! Cela ne s’oublie pas, tout de même… (Bientôt peut-être un guitariste reprenant Obélix…). & dont la musique, il faut l’avouer, se répercute encore dans nos tympans.
6ème CCS décerné à I love my neighbours, nos voisins préférés ! Qui accostèrent quelques heures sur les rives de l'épervière (port de valence aha) il y a de cela quelques jours..
7ème CCS décerné à Welling Walrus, le groupe aux chansons les plus bizarres (aha) & qu’on aime toujours à croiser à droite à gauche, en première partie de Stuck in the sound par exemple… voleurs de lunettes !
8ème CCS décerné à Pm’s better, la première de nos interviews de cette année, parfumée de tartiflette & fort agréable d’autre part. Merci pour les nouvelles passes de chifoumi que nous pouvons ajouter à la pierre & au ciseau (la cheminée & le petit bateau !).
Merci beaucoup également à Paingels, Fireball.
ET aussi à the White Beans, Bates Motel, Yeasty Kids que nous n’avons qu’entrevus, mais c’était vraiment chouette.
9ème CCS décerné à BB Brunes, aha, sans cela rien peut-être ne se serait fait.
& le dernier CCS (même si malgré la numérotation il n’y a pas d’ordre réel !) décerné à music is not fun, sans commentaire (blague). L’interview (en 2008) la plus tecktonik des mecs les plus fatigués qu’on ait jamais croisés ! Ou en 2009 un mixe d’imaginations débordantes, & de vide intersidéral. Le groupe le plus lunatique qu’on a suivi, qu’on suit, & qu’on suivra ? encore.

Il est difficile de conclure ces longues (& peu utiles) déblatérations, mais il nous fallait dire au revoir, tout de même. Alors nous souhaitons juste de bonnes vacances aux vacanciers, de chouettes festivals/concerts, & à fin août pour les vraies vraies vraies nouveautés ! (ET LA FIN DU CARNET DE NEÏMO malheureusement délaissé pour d’autres activités…).
Merci mille fois. & RDV fin août!
Cheers-clind’œil-smiley
Point d’arrêt.
Nina&Malou.
(nb : mises à jour de vieilleries pendant l’été toutefois… )